Projets de recherche

Validation de l'utilisation de bolus de mesure en continu du pH du rumen et des acides gras du lait pour la détection de l'acidose subaiguë du rumen chez la vache laitière (1617-BL-305) 2016 - 2017


Responsable du projet
Équipe
Description
Objectif du projet

  • Mesurer les changements de pH au niveau du réticulum et du sac ventral du rumen et des paramètres de lactation de vaches laitières recevant des rations contenants des teneurs différentes en fibres et en amidon.
  • Déterminer les valeurs cibles du pH du réticulum associées à l'acidose subaiguë en corrélant ces valeurs avec les résultats de pH du sac ventral du rumen.
  • Vérifier la relation entre la production de certains acides gras du lait, le pH du rumen et les conséquences métaboliques des différents régimes.


Résumé du projet

L'excès d'énergie fermentescible dans les rations riches en concentrés peut conduire à la chute du gras du lait, principalement à cause de l'altération du pH du rumen et des populations microbiennes. Le diagnostic de l'acidose subaiguë est basé sur des mesures de pH enregistrées au niveau du sac ventral du rumen, qui est la méthode de référence pour détecter ce désordre métabolique. À la ferme, l'administration de bolus télémétriques à l'aide d'un lance capsule par la gueule de l'animal se retrouve plutôt dans le réticulum où les mesures de pH sont généralement plus élevées, plus stables et moins sensibles que celles mesurées dans le sac ventral du rumen. Dans un objectif de rendre utilisable cet outil aux producteurs laitier, il est essentiel de connaître les valeurs cibles de pH du réticulum associées à des rations riches en concentrés. C'est pourquoi, la corrélation des valeurs du pH entres celles mesurées dans le sac ventral du rumen et celles du réticulum, est requise. IL est connu que les rations contenant une grande proportion de concentrés et peu de fibres efficaces mènent à des perturbations lors de la biohydrogénation des acides gras au niveau du rumen (étape de la transformation digestive des gras), ce qui cause la chute du taux de matière grasse du lait et modifie le profil en acides gras du lait. Le dosage des acides gras dans le lait au moment du contrôle laitier pourrait constituer une méthode non invasive intéressante pour diagnostiquer l'acidose chez la vache laitière. Douze vaches en lactation subdivisées en deux groupes ont été assignées au hasard selon leur stade de lactation (A: 89,8 ± 42 JEL, 40,8 ± 5,8 kg de lait/j et B: 170,3 ± 25,4 JEL, 30,2 ± 5,9 kg de lait/j) à des traitements offerts en alternance à chacune des vaches durant trois périodes de 21 jours. Deux types de rations ont été offertes, soit une riche en concentrés (28 % amidon) et faible en fibres (29 % NDF) pour induire un pH bas (ration acidogénique) et une autre à teneur élevée en fibres (34 % NDF) et faible en amidon (21 %; ration standard pour les périodes pré et post acidogénique). La production laitière et la consommation ont été mesurées aux jours 0, 3, 7, 10, 14, 17 et 21. Des échantillons de lait et des prélèvements sanguins ont été prélevés aux jours 0, 3, 7, 14 et 21. Les composants du lait (gras, protéine, lactose, urée, ß-hydroxybutyrate) et le profil en acides gras du lait sont analysés de même que les concentrations plasmatiques en insuline, cytokine, protéine se liant aux lipopolysaccarides bactériens et en acides gras non estérifiés. Du liquide ruminal a également été prélevé au jour 21 de chaque période pour mesurer les acides gras volatils et l'azote ammoniacal alors que des échantillons du contenu ruminal et de fèces ont été prélevés à différents intervalles de sorte à évaluer le microbiote et la taille des particules dans les fèces. La phase animale est maintenant terminée et les analyses sont en cours. Selon quelques données préliminaires, on observe que très rapidement la ration acidogénique par rapport au régime témoin provoque la chute du taux de gras du lait de même que sa production. Cet effet apparaît dès le 3e jour de la période et se maintient jusqu'aux J7 et 14 pour le pourcentage de gras du lait et à tendance à se maintenir jusqu'au J7 pour la production de gras. De plus, on constate que les vaches qui consomment la ration acidogénique ont un pH ruminal qui se maintient plus longtemps sous la barre du pH critique de 5,6 que les témoins (6,3 vs 2,6 h et 4,5 vs 2,0 h; J3 et 7, respectivement), ce qui indique qu'elles sont en acidose. Cet effet apparaît également lorsque le pH est mesuré au niveau du réticulum aux J3 et 14, mais la durée est moindre.

Retombées attendues

Rendre utilisable deux méthodes non invasives de mesures (bolus pour mesurer le pH dans le réticulum et teneurs en acides gras du lait) pour diagnostiquer l'acidose subaiguë chez la vache laitière. Démontrer la relation qui existe entre les acides gras mesurés dans le lait lors des contrôles laitiers, les pH dans le réticulum et le rumen et les effets métaboliques de rations riches en concentrés. En outre, ce projet permettre de mieux comprendre le lien entre le microbiote ruminal et fécal chez des vaches en acidose, et leur relation avec l'inflammation systémique chez la vache.
Fichiers PDF pertinents
Affiche_16_10_2017_Sandri_final.pdf
305-rapport_final.pdf



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