Projets de recherche

L'acidose chez la chèvre laitière et l'usage du carbonate de potassium (K2C03): impact sur les composantes du lait et la production (15-CL-266) 2015 - 2016


Responsable du projet
Description
Objectif du projet
Évaluer l'impact de l'acidose et de l'usage du carbonate de potassium (K2CO3) sur les composants du lait et la production chez la chèvre laitière.

Résumé
Les chèvres sont reconnues comme étant de "fine bouches", triant activement leur ration pour consommer plus de concentrés que de fourrages. Le comportement alimentaire sélectif des chèvres et la quantité appréciable de concentrés dans la ration servie en début de lactation les rend plus à risque de développer l'acidose clinique et subclinique causant la chute du taux de gras du lait. Une chute de la sécrétion de la matière grasse du lait peut engendrer le phénomène d'inversion du taux, c'est-à-dire que le taux de matière grasse du lait devient inférieur au taux de protéine. En 2015, 63% des troupeaux caprins sous la supervision de Valacta avaient un contrôle laitier ou plus où on pouvait observer des inversions de composant. Cette baisse importante de la teneur en matière grasse a un impact négatif sur le revenu net et la rentabilité des entreprises caprines. Selon les travaux réalisés chez la vaches laitière, l'ajout de K2CO3 dans les rations des chèvres en début de lactation pourrait aider à prévenir la chute du taux de gras du lait via des apports; i) en carbonate, ce qui permettrait de contrôler l'acidose du rumen; ii) en potassium, ce qui augmenterait la différence alimentaire cations-anions (à privilégier dans ces conditions). À l'automne 2015, 30 chèvres en début de lactation, du troupeau permanent du CRSAD, ont été divisées en trois groupes de dix chèvres par traitement: 1) témoin avec une ration riche en concentrés (HC); 2) ajout de K2CO3 en prévention dans une ration HC; 3) ajout de K2CO3 de façon curative dans la ration HC suite à une période d'acidose. Pendant toute la durée de la phase animale, les chèvres ont reçu une RTM à base d'ensilage de mil et de luzerne, fin gluten, maïs et d'un mélange de vitamines et de minéraux. La 1re période de l'étude (P0) a permis d'adapter les animaux au régime expérimental qui contenait 45% de concentrés. Durant les 2e et 3e périodes (P1 et P2), la ration HC (55% concentrés) a été servie à l'ensemble des chèvres de manière à provoquer une acidose.  Le groupe témoin recevait la ration HC tout au long de ces deux périodes sans aucun apport de K2CO3 alors que celles du traitement préventif recevaient un apport de K2CO3 afin de contrôler l'acidose du rumen. Quant au 3e groupe de chèvres, un traitement curatif a été appliqué par l'apport de K2CO3 durant la période P2 seulement. Trois périodes de 28 jours ont été réalisées. La prise alimentaire a été évaluée individuellement grâce à un système de portes Calan conçu à cet effet. La production laitière et sa composition ont été mesurées de même que le profil en acides gras. Des échantillons de liquides ruminal et sanguin ont été prélevés afin d'y mesurer le pH, les AGV et N-NH3 dans le rumen et le pH, pC02, p02, HC03 dans le sang. Les analyses sont en cours. Les résultats de cette étude seront disponibles à l'automne 2016.

Retombées attendues
L'acidose et conséquemment les inversions des composants gras: protéine occasionnent des pertes en lait de 64 $ par chèvre, si l'on considère la période des 120 premiers jours de lactation. Cette de baisse de production représente une perte de revenu sans compter les impacts à long terme de l'acidose sur la santé des chèvres (ex.: boiterie) et potentiellement sur la productivité en milieu et fin de lactation. La problématique de l'acidose et des inversion de composants du lait sont récurrentes et présentes au sein des élevage caprins québécois. L'usage d'alternatives alimentaires comme le K2CO3 permettant de minimiser les impacts négatifs de l'acidose sur la santé des chèvres et le revenu de vente de lait représentent une solution viable et rentable pour les producteurs.

Fichiers PDF pertinents
266-Presentation_S._Dion_2017
Poster_Carbonate_ADSA_2017_06_19.pdf
Autres
S. Dion, M.E. Brassard, J. Levesque, R. Gervais, and P.Y. Chouinard. 2017. Effect of dietary potassium carbonate on milk fat concentration and yield in early-lactating dairy goats fed a high-concentrate diet. Journal Dairy Science, Vol. 100, Suppl. 2, p. 125. (https://www.adsa.org/2017/abstracts/124.pdf)



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