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Impact de la stratégie alimentaire de gain compensatoire en engraissement couplé à l'utilisation des sous-produits et de ractopamine sur les performances, le coût d'alimentation et la qualité de la viande et du gras du porc (12-PO-218) 2011 - 2012


Responsable du projet
Équipe
Description
Quatre-vingts porcs commerciaux de 28 kg, issus de deux types génétiques différents, ont été gardés à raison de deux par parc dans la section finition du bâtiment DC-0150 du CRSAD jusqu’à 120 kg de poids vif. Six traitements alimentaires ont été appliqués, soit deux stratégies alimentaires (avec et sans restriction), combinées à des aliments contenant ou non des sous-produits et des aliments avec ou sans ractopamine. La restriction alimentaire consistait à offrir un aliment appauvri d’environ 30 % en acides aminés, en phosphore et calcium durant la phase 40-65 kg alors qu’après cette période un aliment, qui permettait de rencontrer les besoins nutritionnels des porcs, était offert jusqu’à l’abattage. Les performances de croissance des porcs qui reçoivent des aliments contenant entre 30 et 40 % de sous-produits (drèche de maïs, tourteau de canola, gru de blé et gros gluten) sont similaires à celles des porcs qui reçoivent des moulées conventionnelles à base de maïs, de tourteau de soya et de blé. Incorporés aux moulées à ce taux, les sous-produits influencent très peu les caractéristiques de carcasse. Ils favorisent un dépôt de gras dans les carcasses plus important alors que le pourcentage de perte en eau de la viande est moindre avec leur usage, ce qui représente un avantage pour la qualité de la viande. Les porcs du type génétique B, plus disposés au dépôt lipidique, ont consommé plus d’aliments et ont eu une croissance plus rapide que les animaux du schéma génétique A, devenant ainsi plus efficace à convertir l’aliment en kilogramme de gain de poids. Ils ont également terminé la période d’engraissement à un poids supérieur aux porcs de type A. Quant à la stratégie de restriction alimentaire, qui a été soumise durant la phase de croissance (40 à 65 kg), il a été observé que les animaux restreints performent aussi bien durant la période totale d’engraissement que ceux qui n’ont pas été restreints, que l’aliment contienne ou non des sous-produits. Ces résultats montrent que les porcs en engraissement sont capables de compenser entièrement un retard de croissance engendré par une restriction modérée en lysine digestible, en phosphore et en calcium au cours de la phase de croissance. De plus, cette stratégie alimentaire induisant un gain compensatoire n’a eu aucun effet négatif sur le poids de la carcasse, la profondeur du muscle, l’épaisseur du gras, le rendement en maigre ni sur la couleur, le pH ultime, le pourcentage de perte en eau de la viande et la composition du gras. Ceci confirme l’absence de répercussion négative de cette approche pour les transformateurs. Selon le contexte de prix au moment de l’expérimentation (printemps 2012), la stratégie de restriction a diminué le coût d’alimentation de 2,62 $ par porc, ce qui est très intéressant pour les producteurs. Lorsque l’on combine l’impact de l’utilisation des sous-produits et de la stratégie alimentaire provoquant un gain compensatoire, cet avantage augmente à 5,39 $ par porc. Malheureusement, l’effet de la ractopamine n’a pas pu être mesuré tel que prévu dans les objectifs du projet puisqu’une erreur est survenue lors de la fabrication. En fait, cet additif n’a pas été ajouté dans la moulée et c’est pourquoi ce facteur a été retiré des résultats. On peut conclure qu’une stratégie alimentaire visant à restreindre les porcs entre 40-65 kg et à les réalimenter par la suite jusqu’à l’abattage n’occasionne aucune augmentation de la durée d’engraissement et n’a aucun impact sur le poids d’abattage, les caractéristiques de la carcasse et la qualité de la viande.
APPLICATION POSSIBLE POUR L’INDUSTRIE
Cette nouvelle approche représente une alternative très intéressante pour diminuer les coûts d’alimentation et améliorer la marge financière des entreprises porcines, particulièrement si les coûts des céréales et des sous-produits sont élevés. La stratégie de gain compensatoire est donc une nouvelle approche qui mérite qu’on s’y attarde dans le futur. Il est important de mentionner que ces résultats ont été obtenus dans des conditions  environnementales et sanitaires bien contrôlées et que l’impact de cette stratégie pourrait varier en fermes commerciales selon les conditions qu’on y retrouve. Un essai terrain permettrait de vérifier les résultats obtenus.
Fichiers PDF pertinents
11-PO-218.pdf
Autres
Partenaires :
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  • Les Éleveurs de porcs du Québec



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